Lors de l’assemblée générale du 4 mai 2013, il a été décidé à l’unanimité d’apporter quelques changements de statuts qui reflètent de mieux en mieux, mais pas encore parfaitement, la pratique d’un organisme comme le CINR. Voici les changements votés qui vont orienter notre action dans les années à venir.

Passage du CINR au CÉINR : une même chanson, un accent différent!

L’assemblée générale a décidé qu’il était temps que l’organisme se dote d’un nom qui corresponde mieux à l’orientation donnée à l’organisme depuis 2004. En continuité avec les travaux de Richard Bergeron et du CINR de 1984, qui plaçait la personne au cœur de son action, autant qu’avec la pratique du CINR et les recherches qui en émergent depuis 2005,

le Centre d’Écoute et d’Interprétation des Nouvelles Recherches du croire est né! 

Même signifiant, même tonalité, mais une signification différente qui vise à faire entendre un déplacement éthique qui rende compte de notre posture et de notre orientation.

Interprétation : 

Qu’importe que la compréhension provienne de chercheurs issus de différents horizons d’étude du champ des sciences humaines, de psychanalystes, des adeptes, des anciens adeptes ou, de leurs proches, des groupes ou des gourous, le dire sur une pratique, sur une expérience relève d’emblée d’une interprétation qui est bien insuffisante à rendre compte exactement de la vérité. L'interprétation des mouvements du croire, des thérapies alternatives, des sectes et des nouvelles religions à laquelle participe le CÉINR par sa pratique d’écoute, ses conférence, ses ateliers et ses écrits, se veut une ouverture au dialogue et à l’échange auxquels sont conviés à participer ceux et celle qui fréquentent le CÉINR. 

Nouvelles recherches du croire :

La dimension du croire, que nous mettons en jeu à même  le nouveau nom  de l’organisme, émerge de notre pratique telle que nous la vivons depuis 2004 et des recherches qui en ont suivi. Pourquoi parler de recherches du croire ?

1.) Parce que nous prenons au sérieux le fait que les nouvelles quêtes sont davantage axées sur une  de santé et de guérison que sur un rapport à un Dieu ou à une force supérieure.

2.) Parce que des personnes et des groupes refusent systématiquement de voir associées leurs pratiques à une dimension religieuse, spirituelle et/ou sectaire. Le CÉINR considère que ces réserves sont justes et méritent d'être entendues et considérées pour ce qu'elles sont.  

3.)  Parce que nos recherches ont permis de démontrer que le croire est une composante identitaire sociale, culturelle et inconsciente qui ouvre la compréhension du sectaire et son interprétation à une perspective multidisciplinaire dont bénéficient à la fois les gens du public, les chercheurs et les intervenants.

4.) Parce que, dans sa dimension sociale, identitaire, inconsciente et subjective, la prise en compte du croire interpelle autant les sciences humaines, au cœur même de leur apriori scientifique,  que les groupes sectaire religieux, spirituels ou de guérison, en leur proposant un espace de dialogue.

5.) Parce que le croire est un mouvement vital dans lequel l’éthique ouvre à la parole, au désir et au dialogue, l’écoute du croire offerte au CÉINR repose sur l’apriori suivant :  Croire qu’il n’y a pas de vie qui vaille la peine si la parole n’ouvre pas chez le vivant la dimension d’altérité qui fait de lui un sujet parmi tant d’autres pour ouvrir un lieu d’espoir au cœur de la difficulté de vivre.

Service d’écoute

La prise en compte du croire, tel que le CÉINR et les chercheurs qui y sont associés l’ont développée, tant par leurs recherches que dans leurs pratiques avec les personnes qui en ont fait la demande depuis 2004, nous ont convaincus de mettre en jeu l’écoute dans la nomination même du nouveau nom de l’organisme. 

Le service d’écoute a toujours et est encore assuré par des personnes formées à l’écoute du croire. Les professionnels qui reçoivent les appels  proposent de prêter leur oreille pour que les personnes concernées par le sectaire, les religions, la spiritualité ou les thérapies alternatives puissent dit-cerner à même leur histoire ce qui a rendu possible leur expérience, qu’il leur soit néfaste ou non. Au CÉINR, il ne s’agit pas de guérir le croire, ni de l’encadrer dans une approche théorique qui croit pouvoir le saisir. Il s’agit de l’écouter de suffisamment près pour cerner comment ce mouvement se situe en continuité avec le parcours des personnes. 

Pour cette raison, l'approche du CÉINR se distingue fondamentalement de la psychothérapie traditionnelle. Elle prend en compte le fait que beaucoup de personnes se trouvent démunis parce qu'elles souffrent de manière passagère ou chronique d'un mal-être, d'une difficulté à trouver sa place dans la société, d'une maladie grave ou d'un deuil. Souvent ces personnes se sont tournées vers la psychothérapie ou vers des groupes sectaire ou vers des thérapies alternatives en vue de trouver un sens à leur souffrance. Le plus souvent, les personnes qui nous appellent ont été décues. Non parce que ces expériences ne sont pas bonnes en soit, mais bien parce que les personnes ont espérées on crues qu'une personnes pourraient trouver pour elle les solutions. Elles ont investies le groupe, la thérapie, ou une croyance comme une solution miracle pouvant panser leur blessure, sans penser qu'elles donnaient ainsi le pouvoir à un autre de devenir maître de leurs destinés, parfois à l'insu même du thérapeuthe, du maître ou du chef religieux, parfois en se faisant abuser suite a cette confiance donnée à l'autre. Conscient de l'espoir et du croire, l'écoute offerte au CÉINR propose de prendre en compte ce mouvement du croire qui nous conduit trop souvent à rendre l'Autre responsable de notre malheur et de notre guérison.

Inscrite dans la logique de la relation d'aide, nos thérapeuthes sont formés pour entendre et interpréter ce mouvement du croire et vous le refléter, vous le reformuler de manière à ce qu'il devienne audible et qu'il puisse être relancer dans une dynamique différente. L'écoute du croire ne fait pas de promesse. Elle ne guérie pas. Elle ne produira pas de modifications durables du comportement. Elle propose d'écouter une personne jusque dans l’angoisse qui l’envahit, écouter une souffrance qui peine à se dire, dans une relation humaine supportante et accueillante. Consentir à entendre les signifiants dans l’épreuve qu’ils suscitent, et discerner ce qui fait souffrir l’être charnel ravagé par le verbe de manière à ce que la personne puisse en répondre et ce, parfois à son grand déplaisir. Cette orientation offre aux personnes qui en font la demande un lieu de parole unique au Québec et au Canada.

Contribution des personnes à la recherche d’une compréhension du croire

Dans une perspective d’ouverture et de dialogue comme celle que le CÉINR propose, il apparait évident que les professionnels de l’écoute et les chercheurs affiliés ne sont pas dépositaire d’un savoir qui dirait le vrai sur le vrai. Le savoir se construit en collaboration et en dialogue. Pour cette raison, nous ouvrons la possibilité que des personnes qui vivent ou qui ont vécu une expérience extrême, qu’elle soit sectaire, spirituelle ou de thérapie alternative et qui souhaitent contribuer à la recherche, puissent le faire. Différentes modalité sont mises en œuvre à cet égard, n’hésitez pas à communiquer avec nous.

Mission et objectifs

Le CÉINR est un organisme de formation et d’intervention dont la mission consiste à interroger les nouveaux mouvements du croire en modernité (sectes, nouvelles religions, thérapies alternatives, etc…)

Pour ce faire, le CÉINR développe 3 axes d’intervention distincts mais complémentaires : 

1- Offrir un service d’écoute, d’aide et de références aux personnes touchées ou troublées d’une manière ou d’une autre par une expérience de croyance extrême ou par les nouveaux phénomènes spirituels ou religieux.

2- Contribuer à la recherche scientifique sur les mouvements du croire en modernité qui engagent le rapport au corps, à la mort, au psychique, à l’inconscient ou à la spiritualité, et à sa diffusion locale, provinciale, nationale et internationale 

3- Offrir un lieu de formation et de stage clinique à des intervenants psycho-sociaux ou tout autre professionnel intéressé à l’écoute du croire ; émettre une attestation de formation aux individus ayant réussi la formation dispensée par l’organisme.

N'hésitez pas à nous contacter!

Formulaire de contact

514-500-9395

514-343-2081

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